Après les tristes records de 2018 : que réserve le climat pour 2019 ?


Par Liv Audigane avec Anne-Solesne Tavernier et AFP pour BFMTV.COM – Publié le 2019-01-02

 

Une neige peu présente sur les montagnes françaises, une forte canicule en Australie, un éventuel retour d’El Niño…

2019 est à peine entamée que ses conditions météorologiques inquiètent déjà. 

L’année 2019 battra-t-elle le triste record de 2018? En décembre, Météo France annonçait que les derniers mois avaient été les plus chauds jamais enregistrés en France, en métropole – soit depuis 1900, date du début des relevés.

Avec une moyenne annuelle de 14°C, soit 1,4°C de plus que la valeur moyenne retenue pour 1981-2010, 2018 a marqué un nouveau record. Battant celui de 2014 (+1,2°C) et 2011 (+1,1°C).

« D’avril à décembre, la France a ainsi connu neuf mois chauds consécutifs. Une telle séquence est inédite depuis le début du XXe siècle », relevait alors Météo France.

Un tel phénomène n’est pas inédit : « sur les dix années les plus chaudes, neuf se sont produites après l’an 2000 », constatait l’institut météorologique. Les vagues de chaleur sont plus fréquentes et plus intenses, si tant est qu’il fallait une preuve supplémentaire du réchauffement climatique.

Un retour possible d’El Niño

Avec l’éventualité d’un retour début 2019 du phénomène El Niño, évoquée par l’Organisation météorologique mondiale puis l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), l’année à venir ne s’annonce guère plus froide. Associé aux changements climatiques à long terme, El Niño pourrait faire grimper les températures mondiales et causer sécheresses et inondations.

Manque de neige criant dans les Pyrénées, vagues de chaleur extrêmes en Australie (jusqu’à 16 degrés au-dessus des normales de saison)… Certains signes sont déjà inquiétants, même s’il est important de ne pas oublier de distinguer les phénomènes météorologiques de l’évolution générale du climat, rappelle sur BFMTV le climatologue Eric Brun. « On a battu tous les records en termes de quantité de neige en plus au mois de janvier l’année dernière », fait-il valoir. 

« Si on devait revivre en 2019 la même météorologie qu’en 2018, on arriverait à des catastrophes mondiales », analyse sur notre antenne le secrétaire général de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc). « Mais ça ne veut pas dire que l’année 2019 battra à nouveau les records », nuance-t-il.

« On est en situation de réchauffement continu »

Pour les climatologues, il est important d’agir dès à présent pour atténuer les changements climatiques.

« Tant qu’on ajoutera des gaz à effet de serre qui se stockent dans l’atmosphère, le niveau de réchauffement augmentera », rappelle sur notre antenne le climatologue Hervé Le Treut. « Les gaz à effet de serre qu’on met dans l’atmosphère y restent des décennies, voire des siècles. Ils se stockent, on ne sait pas les enlever, on ne fait pas les efforts technologiques éventuels pour les enlever, donc on est en situation de réchauffement continu. »

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) préconise entre autres de transformer radicalement nos systèmes de production afin de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C dans les dix prochaines années. Des recommandations qui se heurtent encore et toujours aux volontés politiques de certains dirigeants.

En août 2017, Donald Trump a notifié à l’ONU le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Ce mardi, le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, climato-sceptique notoire, a décidé dès le premier jour de son mandat de placer la démarcation des terres attribuées aux peuples autochtones sous la tutelle du ministère de l’Agriculture. A sa tête, une leader du lobby de l’agrobusiness dont un des chevaux de bataille est l’assouplissement des procédures de licences d’impact environnemental, afin de « nettement accélérer » la construction de routes et d’infrastructures énergétiques et d’assainissement au sein des propriétés agricoles du Brésil.

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