« Davantage de désastres naturels » attendus dans le monde en 2019


Par Zonebourse.com – Publié le 2019-01-24

Genève (awp/ats) – Les désastres naturels ont fait 10’733 victimes et ont affecté 61,7 millions de personnes dans le monde en 2018. L’année 2019 devrait être « plus catastrophique », avec un probable El Niño et peut-être un grand séisme, a dit jeudi à l’ONU à Genève une spécialiste.

Au total, plus de 280 incidents ont été observés en 2018, selon un rapport. Aucune région du monde « n’a été épargnée », a affirmé devant la presse la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la réduction des risques de désastres, Mami Mizutori. Toutefois, le nombre de victimes, un millier de plus qu’en 2017, « est plutôt inférieur » à la moyenne sur les 20 dernières années. Une situation attribuée notamment à un meilleur accès de la population aux systèmes d’alerte et à de meilleures données météorologiques. Mais « davantage doit être fait », dit Mme Mizutori. La représentante appelle à oeuvrer à l’adaptation au changement climatique, pas seulement à la lutte contre ce problème. Les risques doivent être réduits dans les villes, le territoire doit mieux être utilisé, les réglementations et les critères des bâtiments doivent être renforcés, les écosystèmes doivent être protégés et la pauvreté doit être combattue. Mme Mizutori demande aussi que des mesures soient lancées pour atténuer l’exposition à l’augmentation des niveaux des mers.

Indonésie pays le plus meurtri

Il est impossible de dire combien de personnes ont pu être sauvées en 2018 grâce à l’ensemble des actions prises par les gouvernements. L’ONU voit ce diagnostic comme un problème pour convaincre les ministres des finances à continuer d’investir sur cette question. L’impact économique des désastres est aussi difficile à évaluer avant plusieurs mois. L’année dernière, aucune catastrophe très importante, à plus de 5000 victimes, n’a été enregistrée. L’Indonésie a été la plus touchée, notamment en raison des quelque 3500 tués dans un séisme.

Un nombre « vraiment très bas selon les standards indonésiens », estime une responsable du Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED), Debarati Guha-Sapir. Si de nombreux séismes ont eu lieu en 2018, leur taille était réduite même s’ils ont provoqué le plus grand nombre de victimes avec les tsunamis et les éruptions volcaniques. Il est probable « qu’à un moment donné en 2019, il y ait une accumulation » qui pourrait aboutir à un incident plus important, dit la spécialiste. Autre préoccupation, un courant chaud El Niño est probable cette année. Le sud de l’Afrique et une partie de l’Amérique latine pourraient faire face à une grave sécheresse, type de désastre qui a touché 9,3 millions de personnes en 2018. D’autres régions du monde devraient être atteintes par des inondations.

Inondations pas très élevées

En 2018, celles-ci ont été plutôt peu élevées en Asie même si elles ont également constitué le type de catastrophes qui a touché le plus grand nombre de personnes, au total 35,4 millions. Plus de 2800 sont décédées.

Les inondations ont aussi contribué à ce que l’Inde soit le pays où le plus grand nombre de personnes ont été affectées par des désastres, devant les Philippines et la Chine. Dans les prochains mois, d’importants incidents pourraient être observés dans cette région. Difficulté toutefois, certains désastres ne sont pas relayés, notamment dans les pays pauvres. Près de la moitié des décès liés à des inondations ou des sécheresses ne seraient pas identifiés, selon Mme Guha-Sapir.

Plusieurs pays européens davantage affectés

Moins ravageuses, les tempêtes ont toutefois fait un record de victimes pour ce type de désastres, près de 1600. Elles ont affecté 12,8 millions de personnes et devraient être les plus coûteuses parmi les catastrophes en 2018. De même, jamais des incendies aussi meurtriers n’avaient été observés en Europe et dans le nord du continent américain. Plus largement, les Etats européens pourraient monter ces prochaines années dans la liste des pays touchés. Ils « sous-estiment » la préparation aux températures extrêmes, dit Mme Guha-Sapir.

Les Etats membres de l’ONU se sont engagés à réduire les décès, le nombre de désastres et les pertes économiques d’ici 2030. Tous les acteurs doivent collaborer, dit Mme Mizutori.