LE SOJA – Glycine max

 

 

 

1 – Présentation du soja

Nom scientifique : Glycine max

Noms vernaculaires : Soja, soya, germe de soja, pousse de soja, graine de soja

Famille : Leguminosae

Feuille : ovale ou en forme de lance, pousse à une longueur de 3 à 10 cm

Fleurs : petite, blanche, ou violette

Graines : De forme presque sphérique, sont généralement jaune, certaines variétés sont noires, brunes ou vertes. Elles ont un hile noir, brun ou jaune

Origine : Asie de l’Est

2 – Origines et histoire

La première indication historique situe l’émergence du soja comme culture vivrière dans le nord-est de la Chine entre 1700 à 1100 avant JC. Au 16ème siècle, le soja était utilisé en Birmanie, en Inde, en Indonésie, au Japon en Corée, en Malaisie, aux Philippines au Népal, , en Thaïlande et au Vietnam.

Les premières traces du soja en Europe proviennent d’Angleterre en 1790.

Les premières utilisations du soja aux États-Unis remonte à 1765 dans l’actuel État de Géorgie.

Le soja était cultivé et transformé pour fabriquer des produits destinés à l’exportation, tels que la margarine. Le soja a continué à être utilisé dans en occident pour son huile, principalement dans la fabrication de produits alimentaires transformés.

En 1917 le soja est utilisé pour l’alimentation du bétail.

Avant 1956, la majorité de la production mondiale du soja était produite en Asie mais gagne l’Ouest et dans les années 1970, les États-Unis fournissent les deux tiers des besoins en soja dans le monde.

La production de soja gagne ensuite l’Amérique latine et en 1974, la production du Brésil a dépassé celle de la Chine et en 1975 la production totale de l’Amérique latine, avec pour principaux producteurs le Brésil et l’Argentine, dépasse celle de l’Asie.

3 – Utilisations

Soja est cultivé principalement pour les tourteaux.

Le tourteau est le produit primaire et de l’huile est secondaire.

Les aliments à base de soja traditionnels sont de 2 types : les produits de soja fermentés et non-fermentés.

  • Les aliments à base de soja non fermentés
  1. Le lait de soja: émulsion / suspension de couleur blanc cassé, contenant des protéines et des glucides solubles dans l’eau, et la plupart de l’huile de la graine.
  2. Le Tofu, Dan fu (vietnamien), Teou fu ou Tou fu ho (chinois) ou tofu: produit ressemblant à du fromage Cottage, une protéine de pâte blanche précipités par un sel de calcium ou de l’eau de mer concentrée.
  3. Les germes de soja : soja germé dans ses cotylédons de couleur jaune foncée avec des germes blancs.
  4. Le Film de soja, Yuba: film protéino-lipidique crémeux, de couleur jaunâtre formé à la surface du lait de soja bouilli au préalable. (sous forme de flocons, films etc.)
  5. Le soja légume ou Edamame: soja vert, immature, riche en protéines et en fibres
  6. Les graines de soja grillées : graines de soja sèche, grillées, assaisonné ou pas.
  • Les aliments à base de soja fermenté
  1. Le miso: extrait de l’eau de soja chauffée après broyage et filtration.
  2. Le tempeh: graines de soja fermentés avec un champignon nommé Rhizopus oligosporus. Les graines souples sont liées par un mycélium blanc, à saveur de noisette.
  3. La sauce de soja: extrait d’un mélange fermenté de soja et de blé.
  4. Le natto: un des rares produits dans lesquels prédominent des bactéries lors de la fermentation. Lorsqu’il est correctement préparé, il a une apparence visqueuse, un goût sucré un arôme caractéristique.
  • Utilisation de la fraction d’huile
  1. L’huile de soja: huile naturelle extraite des graines de soja entières.
  2. La lécithine: extrait de l’huile de soja brute par un processus de raffinage, utilisé comme émulsifiant naturel, lubrifiant, aliments pour animaux, produits pharmaceutiques, peintures, et d’autres applications industrielles.

La lécithine représente 0,5% du grain de soja.

  • Utilisation du tourteau de soja:
  1. Le tourteau de soja comme aliment pour animaux: L’huile de soja, la farine de soja sont utilisés comme une source de protéines dans l’alimentation animale.
  2. Les farines et semoule de soja dégraissé: à destination de la consommation humaine, variété de produits de protéines de soja, y compris la farine, les concentrés et les isolats de soja.
  3. Les concentrés de protéines: les protéines de soja concentrées proviennent de flocons de soja dégraissés.

4 – Production

La production mondiale (206, 3 millions de tonnes) de soja est largement dominée par trois pays: les Etats-Unis (85 millions de tonnes soit 49% de la production mondiale), le Brésil (49 millions de tonnes soit 24% de la production mondiale) et l’Argentine (31,5 millions de tonnes soit 15% de la production mondiale).

Pour un rendement moyen de 3 tonnes à l’hectare, la production mondiale représente 69 millions d’hectares de culture.

5 – Impacts sociaux et Environnementaux

Le soja est l’un des leaders mondiaux des produits d’exportation, procurant des avantages économiques élevés. Le modèle de la culture de soja est basé sur la monoculture, l’utilisation intensive de pesticides et la faible utilisation de main-d’œuvre.

1.  Les impacts sociaux

A – Dans les grande exploitations

  • L’exploitation du soja fournit une source importante de revenus et d’emplois. Toutefois, la conversion au soja a supprimé des emplois agricoles et tend à profiter à un petit groupe de grandes entreprises plutôt qu’aux petites exploitations. L’augmentation d’échelle génère généralement moins de travail et de revenu par hectare que les petites exploitations.
  • L’expansion des producteurs de moyenne et de grande envergure peut stimuler la concentration des terres, ce qui peut à son tour déplacer les populations locales.
  • Les questions de santé publique en raison de l’utilisation de pesticides et de produits agrochimiques.
  • Les conflits fonciers : Les forêts peuvent être détruites illégalement lorsque les limites ne sont pas bien documentées et identifiables.
  • L’emploi : Les populations locales et autochtones qui ont l’habitude de dépendre des forêts sont vulnérables. Ils dépendent de la production de soja, alors que la production de soja nécessite normalement une main-d’oeuvre qualifiée. Les questions du travail illégal sont aussi des préoccupations croissantes.

B – Dans les petites exploitations

  • La sécurité alimentaire : Les terres initialement utilisées pour la culture du maïs, du riz, de l’avoine et des fèves, sont désormais utilisées pour la culture du soja, ce qui a mis l’approvisionnement alimentaire locale à risque.
  • L’augmentation d’échelle : L’augmentation de la taille moyenne des exploitations a mis les petits agriculteurs sous pression afin qu’ils se déplacent de leurs terres afin de faire place à la culture de soja à grande échelle.
  • L’augmentation du niveau de vie : La culture de soja a révolutionné l’économie rurale en augmentant les niveaux de vie des cultivateurs de soja.

2.  Impacts économiques

Pour les pays à excédent de production de soja, il demeure une source importante de devises étrangères.

  • Revenus : Dans certaines régions d’Asie, les ventes des cultures de soja représentent entre 30% et 60% du revenu moyen de trésorerie, qui est utilisé pour acheter des intrants matériels pour la prochaine récolte, comme la culture du riz.
  • Augmentation de la rentabilité par unité de surface : 3 tonne à l’hectare.

3.  Impacts environnementaux

  • De zones riches en biodiversité, à la monoculture

Les zones de conversion pour la culture du soja menace la biodiversité, les espèces menacées et les moyens de subsistance des populations locales. La plupart des autres végétations naturelles sont enlevées ce qui a conduit à l’érosion et la dégradation des sols.

L’évaporation de l’eau dans les systèmes de monocultures de soja est quatre fois plus élevée que dans les forêts naturelles.

Le système de monoculture sur de vastes zones, minimise les écosystèmes qui deviennent fragiles et plus dépendants des produits chimiques antiparasitaires.

  • La déforestation et la destruction de l’habitat

La demande accrue de soja et la croissance des terres pour son exploitation conduisent à la déforestation. Pour faciliter le transport des graines de soja, les gouvernements des pays producteur investissent dans les infrastructures. Ces travaux d’infrastructure tels que les voies navigables, les ports et les routes, peuvent augmenter la déforestation ainsi que l’accaparement des terres et créer des conflits fonciers, puisque ils dégagent de nouvelles zones.

  • Risques écologiques

Les changements du cycle hydrologique et l’augmentation de l’apparition de nouveaux ravageurs et maladies.

  • Ruissellement dangereux

Les résidus agrochimiques (pesticides et engrais chimiques) ont un impact sur les ressources en eau. Les eaux de ruissellement provenant de la production de soja peuvent transporter des niveaux substantiels de produits agrochimiques et de matière organique en suspension. Ceci est une source de contamination importante des eaux douces et des eaux souterraines, qui peut avoir de graves répercussions sur la faune et sur la santé humaine.

  • La contamination générée par les plantations de cultures génétiquement modifiées (OGM)

Les espèces génétiquement modifiées ont un avantage agronomique comme un meilleur rendement, la résistance aux herbicides, mais les risques pour la santé humaine et sur l’environnement sont une préoccupation croissante. Les gènes modifiés répartis au cours du processus de reproduction des plantes (pollinisation ou transfert horizontal) menacent la souveraineté sur le matériel génétique autochtone, car il acquiert les caractéristiques transgéniques qui sont soumis à des lois internationales (brevet).

6 – Part de la chocolaterie

En chocolaterie, la lécithine est utilisée comme émulsifiant, surtout au niveau industriel, peu dans le process bean-to-bar mais ce dernier reste négligeable.

Quelle est la part de la chocolaterie dans la production de soja au niveau mondial ?

Quelques chiffres pour un calcul de coin de table :

  • 80% du chocolat vendu est sous forme de barres, tablettes confiserie
  • L’ajout de lécithine représente en moyenne de 0,75%.
  • En 2019, la production mondiale annuelle de chocolat est de4 millions de tonnes, soit 3.200.000 tonnes vendues sous forme de barres, tablettes confiserie
  • Part annuelle de la lécithine entrant dans cette chocolaterie : 3.200.000 X 0,75 soit 24.000 tonnes de lécithine

La lécithine représentant 0,5% du grain de soja, pour fabriquer 24.000 tonnes de lécithine, il faut récolter 4.800.000 tonnes de soja.

A raison  d’un rendement de 3 tonnes à l’hectare, 4.800.000 tonnes représentent donc 160.000 hectares de plantation de soja ce qui ramené aux 69 millions d’hectares cultivés dans le monde fait que :

La production de lécithine entrant dans la confection de 80% du chocolat mondial représente donc 2,3 millièmes de la surface cultivée*.

Il n’est pas tenu compte des différents modes de culture du soja ni du type génétique concerné.