Et si les plantes dominaient le monde ?


Par Fanny Agostini pour europe1.fr Publié le 03 janvier 2020

Si l’on considère la place occupée par chaque espèce vivante, celle des plantes est bien plus grande que celle des êtres humains. Les céréales les plus cultivées s’étendent sur 5% des terres émergées, alors que les êtres humains s’entassent. Notre chroniqueuse Fanny Agostini y voit une forme de domination des végétaux.

 

L’explosion démographique de l’humanité ne montre pas forcément que les humains dominent le monde, loin de là. Chaque espèce a comme projet majeur, c’est inscrit dans son ADN, d’étendre son aire de répartition, d’occuper le plus de territoire possible. À vue de nez on pourrait se dire que les Hommes détiennent la palme d’Or. Après tout, nous sommes bien de plus en plus nombreux, quelque 7 milliards. Soit quatre naissances pour deux décès chaque seconde, 200.000 humains chaque jour, ou encore 75 millions de personnes supplémentaires par an, donc un milliard de plus tous les 13 ans selon l’Institut national d’études démographiques.

Les céréales s’étendent, les Hommes s’entassent

Tout cela est inédit dans l’Histoire de l’humanité. Mais si on jette un regard biologique  et un peu moins anthropocentré sur le monde, les grands gagnants de l’Histoire ne sont pas ceux auxquels on pense… Les plantes pourraient bien avoir gagné. Et notamment le quatuor du blé, du maïs, du riz et du soja qui, en quelques décennies d’agriculture intensive, ont envahit un maximum d’espace.

En 2018, 700 millions d’hectares de céréales ont été cultivés dans le monde, soit 49 % des terres arables. Cela représente 5 % des terres émergées alors que la moitié de l’humanité s’entasse, quant à elle, sur à peine 1 % de la surface du globe. En partant de ce point de vue, on peut se poser la question de qui manipule qui : l’humain qui a cultivé ces espèces pour nourrir la planète mais qui en paye les pots cassés à travers la déforestation et l’utilisation de produits chimiques, ou les semences elles-même qui utilisent la main de l’homme pour coloniser la planète