I.A: Garder un oeil sur la planète


Par Véronique Mangin pour placegrenet.fr – Publié le 2020-04-15

Le centre spatial universitaire de Grenoble veut surveiller la terre avec un nanosatellite intelligent.

EN BREF – Le Centre spatial universitaire de Grenoble projette de lancer un nouveau nanosatellite dans l’espace d’ici début 2022.

Bardé d’intelligence artificielle, QlevEr-Sat aura pour vocation d’observer la Terre et de relever ses enjeux sociétaux. Tels que l’observation de la déforestation, la mesure des émissions de gaz à effet de serre ou la gestion des risques naturels.

Le nouveau nanosatellite (ou satellite miniaturisé) en cours d’élaboration du Centre spatial universitaire de Grenoble (CSUG)1 aura pour objectif l’observation de la Terre, « en lien étroit avec des enjeux sociétaux », précise le centre.

Au programme ? La surveillance des océans, le contrôle des émissions de dioxyde de carbone (CO2), l’observation des cours d’eau, des forêts, des zones polaires, urbaines ou désertiques…

Ainsi, telle une vigie juchée en haut du mat de notre époque, le nouveau satellite pourra par exemple rendre compte de la déforestation illégale au Brésil ou de la croissance anarchique des zones urbaines. À cela pourra s’ajouter l’évaluation des dommages subis suite à une catastrophe naturelle, voire même des alertes afin de les prévenir.  

Conçu en collaboration avec l’Institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle de Grenoble (MIAI Grenoble Alpes) et avec le soutien en mécénat de la société anglaise Teledyne e2v2 spécialisée dans l’imagerie spatiale, il aura en outre pour spécificité d’intégrer un algorithme d’intelligence artificielle (IA). Baptisé QlevEr-Sat à prononcer « clever sat » pour nanosatellite intelligent, son lancement est prévu début 2022.

De l’IA embarquée pour limiter la bande passante entre le satellite et la Terre  

C’est donc le traitement embarqué que le CSUG a choisi pour son nouveau petit bijou technologique. « Un choix capital à l’heure où le nombre de satellites en opérations augmente fortement, encombrant par voie de conséquence le domaine radio disponible pour les communications », justifie le centre spatial.

Concrètement, le nanosatellite intégrera une caméra et un processeur performant. Ceci dans l’objectif de « traiter au fil de l’eau, depuis l’espace, les images acquises grâce à des algorithmes avancés d’intelligence artificielle », indique le CSUG.

Ainsi, seuls les résultats des analyses seront transmis, au lieu des images elles-mêmes.   Fort de son expérience dans la gestion de projets spatiaux, le CSUG pilotera de bout en bout la construction du nanosatellite. Néanmoins, il sollicitera également de l’expertise externe pour lever des verrous technologiques et scientifiques. Ainsi, avec l’aide de la filiale saint-égrèvoise de la société Teledyne e2v, il mettra au point un « imageur performant ». À savoir, une caméra munie d’un capteur optique d’une résolution de dix mètres.

« Les paramètres des algorithmes utilisés devront être reconfigurables depuis la Terre »   Quant aux algorithmes d’IA à embarquer, le centre collaborera pour ce faire avec la chaire « Intelligence artificielle et environnement » du MIAI Grenoble Alpes.

Et pour cause : « le processeur embarqué sur le satellite doit être performant, robuste et autonome et les algorithmes d’IA utilisés doivent être adaptés », précise le CSUG.

Mais pas seulement. « Pour une flexibilité accrue, les paramètres des algorithmes utilisés devront être reconfigurables depuis la Terre », ajoute le centre. Avant de justifier ce choix destiné à « affiner les traitements aux besoins et à l’évolution de nos connaissances».

Enfin, il reviendra au CSUG l’ultime challenge de la miniaturisation du satellite. Entendez par là « celui d’utiliser depuis l’espace un processeur robuste, pouvant analyser les données d’un imageur performant, dans le faible volume du nanosatelllite et avec une faible consommation énergétique », explique le CSUG.

Source : article Grenoble: un nanosatellite intelligent pour surveiller la Terre | Place Gre’net – Place Gre’net