Fous de chocolats: Parrainez un cacaoyer !

Par Estelle Dautry pour ouest-france.fr – Publié le 2-04-2021


Du producteur à l’assiette, version longue distance. Le cacao se met lui aussi à une consommation en circuit court. Vous connaissez le producteur, voire même l’arbre qui produit votre cacao et recevez en échange des tablettes de chocolat.

Comme le miel produit près de chez vous, pourquoi ne pas suivre directement votre cacao de l’arbre à la tablette ? Le principe est simple, vous parrainez un cacaoyer et en échange, vous recevez chaque année des tablettes de chocolat issues des fèves de votre arbre. Une traçabilité complète.

Après vingt ans passés à travailler dans l’industrie du cacao, Fabien Coutel, ce français originaire d’Eure-et-Loir et aujourd’hui installé en Suisse, a eu le déclic en Amérique du Sud. « Le projet est né après une visite chez un producteur. Je lui ai apporté une tablette de chocolat produite avec son cacao. Il n’avait jamais goûté son propre cacao, j’ai trouvé ça fou », ​raconte celui qui a ensuite fondé Treegether.

Mieux rémunérer les producteurs

Il travaille aujourd’hui avec quatre producteurs : deux hommes, l’un en Ouganda et l’autre en Côte d’Ivoire, et deux femmes, l’une à Madagascar et l’autre au Pérou. À vous de choisir qui vous souhaitez parrainer. « Les producteurs manquent de reconnaissance, et les consommateurs sont complètement déconnectés. Je voulais leur proposer de connaître le producteur comme on peut le faire aujourd’hui avec un maraîcher ou un éleveur, même si évidemment le cacao ne sera jamais un produit de proximité »​.

Une démarche qui milite également pour une meilleure rémunération des producteurs. « Pour un kilo de cacao, nous offrons un revenu aux producteurs entre 40 et 50 % plus élevé que l’industrie. »

Des projets de développement durable

Le parrainage finance aussi des projets de développement. « Chez deux producteurs, nous allons installer des panneaux photovoltaïques, chez un autre une clôture et le dernier un séchoir solaire. »

Le parrainage a un coût. Pour 115 € l’année, vous recevez des tablettes de chocolat transformé par un artisan Suisse, deux fois par an, soit douze tablettes. Le prix de revient est à un peu moins de 10 € la tablette.

En six mois d’existence, Treegether, a conquis un millier de parrains. Une école de Brézé dans le Maine-et-Loire, parraine par exemple six cacaoyers et suit régulièrement l’activité du producteur.

L’un des meilleurs chocolats du monde

Le pâtissier-chocolatier alsacien Thierry Mulhaupt propose lui aussi de parrainer un cacaoyer. Il promeut aujourd’hui une production « de la fève à la tablette »​. Il a racheté une plantation en Colombie, avec une ambition : produire l’un des meilleurs chocolats du monde. « Je suis chocolatier depuis près de 45 ans. J’ai acheté une plantation de 10 ha en Colombie. Elle se trouve dans la zone de production de café, dans le Quindío, entre 950 et 1 200 m d’altitude, en pleine cordillère des Andes. On y trouve un ensoleillement magnifique », ​décrit-il, nous laissant rêveur.

Le chocolatier strasbourgeois Thierry Mulhaupt, dans sa plantation de cacao en Colombie. | DR

Le chocolatier français s’est associé avec un producteur local. Depuis deux ans, ils plantent des cacaoyers en agroforesterie. Ils ont aussi planté 1 000 plants de café, des manguiers, des papayers, de la vanille, de la cannelle… Et bien sûr 10 000 cacaoyers exceptionnels. « Mon objectif est de faire l’un des meilleurs chocolats au monde, donc nous avons sélectionné les meilleures variétés de cacao », ​raconte-t-il.

Le chocolatier a également installé un gîte de dix chambres en Colombie avec des repas confectionnés uniquement avec les produits de la plantation, et évidemment des dégustations de cacao. La première récolte est en cours, le cacao prendra de l’ampleur à partir de novembre.

Une expérience qu’il a voulu partager avec des particuliers, d’où l’idée de proposer un parrainage de cacaoyer. « Je voulais impliquer les gens et leur transmettre ce goût du chocolat »​. Le parrainage, pour cinq ans, coûte 300 €, mais les parrains récupèrent l’équivalent en tablette. Une, la première année, deux la seconde, six tablettes la troisième puis quinze tablettes les quatrième et cinquième années. Il compte aujourd’hui 150 parrains, français mais aussi suisse ou hollandais.